S’habiller pour l’hiver, et si on passait par la mode éthique ?

Planète
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11/11/22
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11/11/2022
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Qui n’a jamais acheté un pull ou un t-shirt dans une grande enseigne de fast-fashion ? Il faut dire que l’industrie du “textile jetable” a un avantage : elle est accessible. Problème : quand il s’agit de mode, les chiffres sont aujourd’hui assez… faramineux. 

En France, on parle d’un marché valorisé à plus de 150 milliards d’euros. Chaque année, 600 000 tonnes de vêtements neufs y seraient mis sur le marché. Or, tout cela a un coût environnemental et humain. 

Dans cet article, on vous explique pourquoi et comment privilégier la mode éthique ! 🌱 

Industrie textile, un secteur au fort impact environnemental

Saviez-vous qu’il fallait entre 7 000 et 10 000 litres d’eau pour confectionner un simple t-shirt en coton ? Soit l’équivalent… de 70 douches. Quant aux jeans, c’est encore pire : on estime qu’en moyenne, un jean parcourt 65 000 km tout au long de sa fabrication (source : l’Émission pour la Terre, France 2, Jamy). 

Bref : la mode, ça consomme beaucoup…. si bien qu’aujourd’hui, l’industrie textile figure parmi les plus polluantes au monde. 4% des émissions de gaz à effet de serre seraient attribuables à l’industrie de la mode - selon un rapport de McKinsey sorti en 2020.

Et en effet, quand on creuse un peu le sujet, il y a de quoi déchanter…

Qui dit mode, dit tissus…

Et c’est là où le bât blesse, avec la fast fashion. Pour être accessible au plus grand nombre tout en maitrisant ses coûts, l’industrie vestimentaire propose des vêtements de piètre qualité… faisant la part belle aux fibres synthétiques.

Spoiler alert : comme évoqué dans un article précédent consacré au plastique, les fibres synthétiques (comme le polyester, le polyamide ou le nylon) sont en fait du plastique, issu de la pétrochimie. Vous voyez sans doute où on veut en venir : ces matières sont extrêmement polluantes (qui émettent des substances nocives lorsqu’elles sont fabriquées). En prime, elles diffuseraient même des microplastiques pendant les lavages… qui finissent ensuite dans nos océans ! C’est ce que les scientifiques appellent “la pollution plastique invisible”. 

💡 La production textile a doublé entre 2000 et 2014 - selon Greenpeace.

Fast fashion - je jette donc je suis ? 

Au-delà de la simple composition des tissus et leur impact sur la planète, tout le système de l’industrie textile est à revoir, car il est particulièrement vicieux. En clair, tout est fait pour que les vêtements aient la durée de vie la moins longue possible. 

  • Il y a d’abord le nombre faramineux de collections, qui sortent souvent plusieurs fois par mois. Résultat ? Un vêtement tendance devient vite démodé, éclipsé par le dernier arrivage. 
  • Face à l’avalanche des nouveautés, on se lasse très vite des vêtements !  
  • De toute façon, comme ils sont de piètre qualité, les habits finissent toujours par se déformer, boulocher, perdre de leur couleur… 
  • Conséquence : on jette et on recommence ! 

 

👆  Bon à savoir

Toutes les matières n’ont pas le même impact environnemental. Le lin et le chanvre, par exemple, sont réputés pour demander peu d’eau et de traitements (leur impact sur la planète est ainsi très faible)... contrairement au coton conventionnel (non bio), au polyester ou à la viscose, particulièrement énergivores et polluants ! Pour vous donner une idée, 10 000 litres d’eau sont nécessaires à la fabrication d’un jean en coton ! 

Et l’éthique, dans tout ça ? 

Si les vêtements proposés par la fast fashion sont si peu chers, c’est parce que cette industrie réduit au maximum les coûts liés à la fabrication de ces derniers. Problème : cette réduction des coûts opérée tout au long de la chaîne de production implique de délocaliser les usines dans des pays où le SMIC horaire est bas (et le droit du travail inexistant)... Le but ? Tirer profit au maximum de la force de travail d’employés souvent en situation précaire (comme c’est le cas au Bangladesh ou au Pakistan). 

👉  Autrement dit, on délocalise pour mieux exploiter (et violer les droits humains au passage).

📌 1,1 milliard d’euros. C’est le bénéfice net réalisé en 2020 par Inditex - le plus gros groupe du secteur (regroupant Zara, Massimo Duti, Pull and Bear, entre autres.). A-t-on vraiment envie de continuer à enrichir des multinationales aux pratiques si peu scrupuleuses ? 

Changer le monde, en changeant de mode ? 

Et en privilégiant la mode éthique. Pour y arriver, c’est très simple : il suffit de revoir ses priorités, repenser ce qu’on juge acceptable ou non… Est-ce OK de payer son jean ou son pull en laine 30 ou 40 euros plus cher ? Sans doute, si ça permet de préserver un peu plus les ressources naturelles de notre planète, de garantir un salaire décent aux braves hommes et femmes qui nous habillent…

En clair, opter pour la mode éthique et responsable, ça implique nécessairement de changer sa manière de consommer - en achetant moins d’habits, mais qui durent plus longtemps. La fameuse logique du “moins, mais mieux”. 

Mieux qu’une alternative, une multitude de possibilités

Malgré ce qu’on pourrait croire, s’habiller de manière responsable, c’est donné à tout le monde. Il suffit de le vouloir ! Voici quelques bons réflexes pour y arriver : 

  • Première chose à faire : privilégier les marques de vêtements éthiques, désireuses d’alléger au maximum leur empreinte environnementale, tout en garantissant de bonnes conditions de travail à leurs employés.

  • La seconde-main est également un excellent moyen de mieux consommer. Sur Vinted ou sur Instagram, on peut trouver de vraies pépites oubliées ! Sinon, il y a aussi les bonnes vieilles frip’ !

  • Pour les matelots habiles de leurs mimines, il est aussi possible de recycler ses propres vêtements avec quelques tutoriels DIY et un peu de matériel. Récemment, on a été hyper impressionnés par le talent de Marcel Gracieuse, une passionnée de l’upcycling, capable de transformer une jupe délaissée en une superbe veste denim à l’esprit nineties.

  • Prendre l’habitude de rafistoler et recoudre au lieu de jeter un vêtement (des centaines de Repair Café existent en France - ces ateliers de réparation collaboratifs permettent de réparer à plusieurs un objet).

  • De manière générale, une consommation plus responsable demande de privilégier la qualité à la quantité - en optant notamment pour les matières naturelles et/ou recyclées.

  • Enfin, quand on ne supporte plus un jean ou une robe, on prend l’habitude de donner, transformer ou revendre, plutôt que de jeter !  

Comment reconnaître une marque responsable ? 

Bonne question, matelot… car le greenwashing n’a pas fini de sévir dans le secteur de la mode ! 

Avant tout, une marque responsable est transparente par essence. La raison ? Eh bien, elle n’a rien à cacher, puisque ses intentions sont réellement bonnes. C’est pourquoi, le plus souvent, les marques engagées communiquent beaucoup sur leur processus de production, la composition et la provenance de leurs vêtements, les conditions de travail de leurs employés… ainsi que leurs éventuelles pistes d’amélioration ! C’est complètement le cas de la marque de chaussures Veja, qui vous livrent toutes leurs coulisses.

Le site d’une marque de mode éthique possède toujours une page nommée “engagements”, qui lui permet de partager sa vision des choses et de la mode à ses visiteurs, son processus de fabrication, parfois même la façon dont elle a établi ses prix… 

💡  Ne pas hésiter à vérifier si la marque dispose ou non de certifications et labels, garantissant la non-toxicité de ses produits (c’est le cas du label Oeko-Tex - qui atteste que les substances nocives sont quasi inexistantes sur le vêtement). 

 Quelques exemples de marques éthiques 100% fiables (testées par l’équipe)

  • Patine Paris : on apprécie leur système de pré-commande (et le rythme de production raisonné qui va avec). En prime, la marque privilégie les matières bio et de qualité, revalorise toujours ses chutes de tissu, et travaille avec des usines éthiques.

  • Loom : volontairement minimaliste, la marque propose des basiques intemporels (seulement une poignée à chaque collection). Son but : éviter au maximum la surconsommation en proposant des vêtements conçus pour durer.

  • Balzac Paris : les processus de fabrication sont responsables, les matières bio et durables, le style intemporel ET actuel… La qualité est là (ce qui peut se ressentir sur le prix).

  • Make My Lemonade : c’est sans doute la marque la plus loufoque et inclusive de cette sélection (elle propose des tailles allant du 34 au 52)... En prime, la fabrication est 100% européenne et les éditions limitées. Moins, mais mieux on a dit ! 

S’habiller pour l’hiver, et si on passait par la mode éthique, en conclusion

Préserver la planète, ça se fait par étape. Un petit peu tous les jours. Et ça concerne aussi bien la nourriture que l’on consomme, que le jean qu’on enfile. Ce qu’il faut retenir aujourd’hui ? Eh bien, comme tout dans la vie, consommer responsable, ça s’apprend. Si vous lisez ces lignes, c’est que vous avez décidé, aujourd’hui, d’en apprendre plus sur la mode éthique. C’est déjà un grand pas - et on vous en félicite !
Maintenant, il ne vous reste plus qu’à choisir la ou les options que vous préférez pour adopter une mode-écoresponsable, petit à petit, sans pression ! 

Sources utilisées 

  • La mode française pèse 150 milliards d’euros
  • Consommation. Le marché de la fripe en chiffres - Ouest France
  • 7000 à 10 000 litres d’eau pour fabriquer un jean : comment arrêter les frais ? L’info Durable
  • Microplastiques : comment nos vêtements polluent les océans - Futura Sciences
  • Fashion on climate - how the fashion industry can urgently act to reduce its greenhouse gas emissions - McKinsey
  • Black Friday: Greenpeace calls timeout for fast fashion - Green Peace
  • Chiffre du jour : il faut 10.000 litres d'eau pour fabriquer un pantalon un jean - France Bleu
  • Fast fashion : derrière la production de vêtements, des conditions sociales catastrophiques - Bien ou bien
  • Le revers de mon look, ADEME

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