Pour mieux connaître les perturbateurs endocriniens, voici la liste

Santé
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12/9/22
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12/9/2022
On a tous le droit de savoir ce que l'on met sur notre corps ! Produits d'hygiène, lessive, produit vaisselle... l'équipage de Juliette démystifie la cosmétique

Il s’agit d’un enjeu de santé publique majeur. Pourtant, on les retrouve dans de nombreux produits du quotidien… On parle hélas des perturbateurs endocriniens 😓 . Assez controversé, leur nom vous dit sûrement quelque chose ? Il faut dire que ces perturbateurs sont partout autour de nous : dans notre alimentation, notre eau, notre air, nos cosmétiques, voire même dans certains de nos meubles ou vêtements… 

Aujourd’hui, on va voir ensemble les principaux perturbateurs endocriniens à éviter par-dessus tout 👀 . 


⚠️ Attention, la liste présentée dans cet article n’est pas exhaustive !

Perturbateur endocrinien, le chamboule-tout des hormones

Pour reprendre les mots de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un Perturbateur Endocrinien (ou PE) est “une substance chimique d’origine naturelle ou synthétique, étrangère à l’organisme et susceptible d’interférer avec le fonctionnement du système endocrinien, c’est-à-dire des cellules et organes impliqués dans la production des hormones et leur action sur les cellules dites « cibles » via des récepteurs.”

Autrement dit, les perturbateurs endocriniens dérèglent le fonctionnement de l’organisme - et en particulier du système hormonal. Le problème, c’est qu’ils sont présents dans de nombreux produits d’utilisation courante, sous la forme de molécules (on les retrouve dans les gels douche et shampoings, dans les dentifrices, les produits ménagers, le maquillage…). 


👆  Le conseil de Juliette 

Il est préférable d’éviter ces substances autant que possible - surtout quand on est “dit” vulnérable (c’est le cas des femmes enceintes, des nourrissons, des jeunes enfants…)  

Perturbateurs endocriniens : comment fonctionnent-ils ?

Pour bien comprendre le fonctionnement de ces substances néfastes, il faut d’abord comprendre celui des hormones… puisque les perturbateurs endocriniens les dérèglent !

Comment fonctionnent les hormones ? 

Les hormones sont des molécules qui envoient des messages chimiques dans l’organisme, grâce à la circulation sanguine. Ces molécules sont sécrétées par le système endocrinien (pas étonnant, du coup, que les “perturbateurs endocriniens” chamboulent nos hormones…). 

Or, ce système endocrinien (composé de diverses glandes et cellules) occupe une fonction-clé dans l’organisme. Les hormones qu’il fabrique permettent notamment de réguler notre croissance, notre sommeil, notre appétit, notre humeur… Ces dernières ont également un impact direct sur notre fertilité ! 

Parmi les principales glandes qui composent le système endocrinien, on compte : 

  • l’hypophyse : c’est la glande la plus importante… il faut dire qu’elle contrôle à elle seule la croissance de notre organisme, son métabolisme, les menstruations chez la femme et la production d’œstrogène, et la production de spermatozoïdes et de testostérone chez l’homme… C’est aussi grâce à elle que les jeunes mamans peuvent produire du lait maternel après avoir accouché !

  • l’hypothalamus : qui contrôle la sécrétion des différentes hormones (notamment l’hypophyse). Comme il régule le système nerveux, il contrôle aussi certaines sensations comme le stress ou la faim.

  • la thyroïde fabrique également des hormones en charge de contrôler certaines fonctions du corps comme le métabolisme, le sommeil, la reproduction…

  • le corps pinéal, lui, sécrète la mélatonine - qui n’est rien d’autre que l’hormone du sommeil ! 

On pourrait également citer les parathyroïdes, le thymus, les glandes surrénales… 

Et l’impact des perturbateurs endocriniens dans tout ça ? 

Le problème principal des perturbateurs endocriniens est inscrit dans leur nom : ils perturbent. En clair, l’activité des glandes citées plus haut, chargées de sécréter les différentes hormones essentielles au bon fonctionnement de notre corps, se trouve complètement perturbée…  

👆 Or, selon de nombreuses études, ces perturbations favoriseraient l’apparition de cancers ! 

Selon cette étude publiée en 2016, les perturbateurs endocriniens agiraient comme des facteurs de risque facilitant l’apparition de nombreuses maladies chroniques (obésité, diabète de type 2, maladies neurologiques, psychiatriques ou neurodégénératives…). Et ce, quelle que soit la durée d’exposition aux perturbateurs endocriniens !

Mais ce n’est pas tout… les perturbateurs endocriniens sont d’autant plus vicieux qu’ils sont coriaces. En fait, quand on utilise régulièrement un produit toxique rempli de perturbateurs (un gel douche par exemple), on finit par le rejeter dans la nature - car les substances toxiques vont très probablement finir leur course dans les sols ou dans l’air… pour se retrouver dans notre alimentation, dans l’air qu’on respire… Bref, c’est un vrai cercle vicieux qui s’enclenche.  

💡 Dans un article précédent, on évoquait l’impact de l’effet cocktail sur la santé. 

☝️ L’astuce de Juliette

Au moment de rincer vos fruits et légumes, ajoutez une pincée de bicarbonate de soude pour éliminer une partie des substances toxiques (cette démarche est d’autant plus nécessaire si ces produits frais ne sont pas issus de l’agriculture biologique). 

Connaître la liste des perturbateurs endocriniens

Comme les perturbateurs endocriniens sont nombreux, on les retrouve dans des produits de consommation très variés. En revanche, ils n’ont pas forcément le même impact sur notre santé (certains étant beaucoup plus nocifs que d’autres).  

Voici donc la liste des perturbateurs endocriniens à éviter par-dessus tout : 

  • Les alkyphénols : comme l’explique l’Anses, on retrouve ces perturbateurs dans les adhésifs, les peintures, les nettoyants ménagers, les matériaux de construction, dans certains textiles… et même parfois dans le cuir !

  • Les nonylphénols : ces perturbateurs endocriniens reconnus sont présents dans les produits d’entretien, dans les emballages ou les pesticides.

  • Le BHA (pour hydroxyanisol butylé) et BHT (pour butylhydroxytoluène) : il s’agit là de deux additifs alimentaires utilisés parfois en cosmétique pour prévenir l’oxydation des produits (ils jouent donc le rôle d’antioxydants).

  • Le Bisphénol A (BPA) : omniprésent dans les plastiques et résines, on retrouve notamment ce perturbateur dans les emballages alimentaires en plastique, dans les boîtes de conserve… alors même que sa toxicité est avérée.

  • Le chlordécone, quant à lui, est un insecticide réputé pour perturber le fonctionnement hormonal - utilisé massivement dans les Antilles entre les années 70 et 90.

  • Le cadmium : ce métal lourd est suspecté d’être cancérigène (associé au cancer du poumon), en plus d’être un perturbateur endocrinien ! On le retrouve dans le charbon et les fertilisants minéraux. L’Homme peut le retrouver dans son alimentation, dans l’eau… et dans les cigarettes !

  • Les ignifuges bromés (PBDE) : issues de la pétrochimie, ces matières synthétiques sont présentes dans les produits capillaires et pharmaceutiques, mais aussi dans les appareils électriques, dans certains matériaux de construction et peintures… Leur rôle : réduire l’inflammabilité d’un produit (on les appelle d’ailleurs “retardateurs de flamme”).

  • Le mercure : selon une étude américaine réalisée sur plusieurs petites filles, le mercure (ainsi que le plomb) stopperaient la production d’hormones associées à la puberté. 

  • Les parabènes : omniprésents dans les cosmétiques conventionnels, ces conservateurs sont appréciés pour leurs pouvoirs antibactériens et antifongiques. En clair : ils permettent aux produits de durer dans le temps. On les retrouve dans les produits de beauté et d’hygiène (rouges à lèvres, déodorants, lingettes pour bébé…), dans les produits ménagers et même dans certains additifs alimentaires… Particulièrement néfastes, ils peuvent provoquer des cancers (prostate, sein, utérus), une baisse de la fertilité ainsi que des allergies.

  • Les phtalates : on retrouve ces plastifiants dans le PVC (Polychlorure de vinyle) et l’industrie du caoutchouc. Conséquence : ils sont présents dans de nombreux produits de consommation en plastique (shampoings, gels douche, détergents, couches, vernis à ongle, emballages alimentaires…). On les suspecte de provoquer une baisse de la fertilité ainsi que des malformations fœtales.

  • Le téflon et composés perfluorés : Présents dans de nombreux objets du quotidien, ces substances chimiques (comme le PFOA et le PFOS) sont particulièrement présents dans les revêtements de cuisine anti-adhésifs, mais aussi dans le mobilier neuf, dans les tapis, dans certains vêtements…

  • Le triclosan : on retrouve cet agent de conservation, antibactérien et antifongique dans de nombreux produits ménagers, mais aussi dans certains dentifrices, savons, déodorants et même sacs-poubelle ! ! En plus de causer des cancers du sein et de la prostate, le triclosan est suspecté de provoquer une résistance aux antibiotiques…

👆  Comme l’explique Odile Bagot, gynécologue et auteure de “Perturbateurs endocriniens : la guerre est déclarée ! Et maintenant on fait quoi ?”, tous les cosmétiques inhalables (comme les parfums) ou ingérables (comme les rouges à lèvres) sont à utiliser avec grande précaution… car ces derniers disposent d’une voie d’entrée de choix vers l’organisme ! 

💡 Pour aller plus loin, n’hésitez pas à parcourir la liste des ingrédients dangereux en cosmétiques à éviter. 

Quelques bonnes pratiques pour éviter les perturbateurs endocriniens au quotidien : 

  • Pour vivre dans une maison saine, il est indispensable de l’aérer au moins 15 minutes par jour ! C’est la seule façon de se débarrasser des polluants présents dans les intérieurs, comme les Composés Organiques Volatiles. Ces polluants peuvent être présents dans l’air, dans les meubles, les sols, les murs… Mais ce n’est pas tout : aérer sa maison permet de chasser l’humidité et de renouveler l’air (notamment l’oxygène). 

  • Des perturbateurs endocriniens sont présents dans certains ustensiles de cuisine, comme les fameuses poêles anti-adhésives ! Problème : au contact de la chaleur, les substances toxiques peuvent migrer dans la nourriture… et être absorbées par l’organisme. C’est pourquoi, dans un article précédent, on vous aidait à bien choisir vos poêles pour préserver votre santé.

  • Selon la même logique, pour éviter tout contact entre la nourriture et de potentielles substances toxiques, remplacez le film alimentaire par des bee-wrap (soit des emballages alimentaires naturels en cire d’abeille), les tupperwares en plastique par des contenants en verre, etc. Cette démarche permet d’ailleurs de préserver la planète, puisqu’elle est garantie zéro déchet ! 🌱

  • Lorsqu’un vêtement neuf ne dispose pas du label Oeko-Tex (ce dernier garantit la non-toxicité des textiles pour la santé), il est absolument indispensable de le laver avant de le porter une première fois… car il peut contenir des substances toxiques ! 


Mieux connaître les perturbateurs endocriniens, en conclusion

En bref, même les produits du quotidien les plus basiques (comme un dentifrice ou une poêle à frire) peuvent contenir des substances néfastes pour l’Homme (et la planète !). Le bon réflexe, pour les éviter ? Apprendre à lire les étiquettes des produits… et ainsi repérer les pictogrammes indiquant une toxicité potentielle. 

👉 Autre bon réflexe à adopter pour chasser les perturbateurs endocriniens de son quotidien : il consiste à privilégier, autant que possible, les produits naturels et écologiques (comme le gel douche JU !)

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Mascotte JU par Juliette

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