Pollution Mails : Pourquoi nos boîtes mail polluent-elles l'atmosphère ?

Planète
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11/05/2021
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11/05/2021
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Salut matelot, c’est Ed ! Si, comme moi, tu as déjà un peu planché sur la protection de l’environnement, la gestion des ressources ou encore l’émission de gaz à effet de serre, tu n’es pas sans connaître la pollution liée au numérique. Oui, nos nouvelles technologies participent, elles aussi, à la dégradation de notre planète. Comment ? Eh bien, pour fonctionner, nos outils numériques matériels ou dématérialisés nécessitent entre autres : de l’énergie (issue en grande partie d’énergies fossiles), de l’eau (pour produire nos équipements ou refroidir les centres de stockage de nos données) mais aussi des métaux plus ou moins rares qu’il est nécessaire d’aller extraire aux quatre coins du monde. Tu l’auras compris, la production et l’utilisation de nos équipements numériques polluent et représentent aujourd’hui 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Ça craint non ? S’il est relativement simple d’imaginer la façon dont peut polluer un ordinateur lors de sa production, il est un peu plus complexe d’imaginer comment un e-mail ou une vidéo Youtube peut avoir un impact sur la planète. Comment quelque chose d’immatériel et d’invisible à l’œil peut-il polluer ? Pourquoi nos boîtes mails participent-elles au réchauffement climatique ? Tu vas voir, c’est fascinant. Allez, suis-moi !


Ton email transite sous les océans

Internet, c’est bien pratique et ancré dans notre quotidien depuis son officialisation en 1983. Pourtant, qui connaît le fonctionnement de la toile sur le bout des doigts ? Eh non, ce n’est pas de la magie ! Le réseau Internet ne tombe pas du ciel, mais est bien le fruit d’une connexion tissée (d’où la toile) entre de nombreux équipements matériels. 

Internet, un grand réseau routier

Et si je te disais qu’Internet était une longue autoroute de l’information, un grand réseau routier… de câbles sous-marins. Me croirais-tu ? Eh bien, c'est le cas ! Internet, c’est avant tout des câbles de télécommunication en fibre optique longs de milliers de kilomètres qui permettent de créer des liaisons entre nos équipements (et les continents !). D’ailleurs, si ça t’intéresse, tu peux visualiser l’ensemble du réseau de câbles Internet en ligne ! Ces longs câbles sous-marins permettent de faire transiter 99% des données mondiales, c’est fou non ? Le 1% restant transite grâce aux satellites.

Pour mieux visualiser les équipements matériels qui entrent en jeu, je te propose de retracer les connexions de ton ordinateur à ces câbles. Lorsque tu es sur ton ordinateur (N°1), pour avoir Internet, tu te connectes à une box (N°2). Cette box est reliée à un câble ADSL ou à la fibre (N°3). Ce réseau de câbles mène jusqu’à un centre de stockage et de transit des données que l’on appelle un datacenter (N°4). 

Concrètement, que se passe-t-il quand j’envoie un mail ?

Lorsque tu envoies un mail, tu crées une donnée à transmettre à un destinataire. Imaginons que tu aies une adresse Gmail et que tu veuilles envoyer un email à JU qui possède une adresse Yahoo. 

  1. Tu rédiges ton mail sur ton ordinateur ou ton téléphone
  2. Tu appuies sur le bouton envoyer
  3. Ton mail voyage jusqu’au centre de stockage (datacenter) de Gmail
  4. Le centre de stockage recherche le centre Yahoo de JU
  5. Ton mail voyage jusqu’au centre de stockage Yahoo
  6. JU accède à son email

Comme ça, ça a l’air simple et à la porte d’à côté ! Sauf que les centres de stockage sont répartis dans plusieurs zones géographiques du monde. Par exemple, Google te permet de voir où sont situés ses datacenters  (États-Unis, Europe, Asie, Amérique du Sud…) et de choisir où abriter tes données. Ton mail peut donc voyager de France jusqu’aux États-Unis puis repartir en Europe, selon l’emplacement du datacenter du destinataire. Durant ce voyage, ton mail transite entre différents routeurs (machines) qui lui indiquent la route à suivre. Quand on sait que l’on envoie 280 milliards de mails chaque jour dans le monde, ça fait beaucoup de données qui voyagent. Vu comme ça, le voyage de l’email reste, dans nos têtes, encore immatériel. Comment un mail peut-il bien consommer de l’énergie ? Prenons la route des datacenters.


Zoom sur les datacenters

Un datacenter héberge, traite et fait transiter nos données grâce à des routeurs, des commutateurs, des pare-feu, des systèmes de stockage, des serveurs… bref, de multiples machines qu’il faut alimenter.

Concrètement, un datacenter est un grand site, un peu comme un hangar, ultra sécurisé. À l’intérieur, tu y trouves des rangées immenses de serveurs. C’est plutôt impressionnant ! Le plus grand datacenter au monde appartiendra à Kolos, sera situé au niveau du cercle arctique polaire en Norvège et atteindra une taille de 600 000 m2. Mais qui dit machines qui tournent 24h sur 24 dit… énergie et refroidissement ! Chaque machine nécessite un accès à l’électricité, un système de ventilation (comme sur un ordinateur) ainsi qu’un système de refroidissement. Car oui, faire transiter des données, ça fait chauffer les machines. Tu peux d’ailleurs le voir quand ton ordinateur se met à ventiler fort et à chauffer. 

Tu l’auras compris, alimenter en énergie et refroidir ces datacenters consomme énormément d’énergie. Sur les 4% de gaz à effet de serre annoncés, les data centers représentent déjà 53% des émissions

Côté électricité, nous sommes loin d’atteindre les 100% d’énergies renouvelables. Bien que de grands groupes essaient de s’alimenter en énergies renouvelables, les datacenters dépendent encore des énergies fossiles.

Le refroidissement des datacenters, qui doivent être maintenus entre 24 et 27 °C, nécessite l’utilisation de plusieurs techniques :

  • Le free-cooling : le refroidissement par l’air froid extérieur
  • Le free-chilling : le refroidissement par l’eau
  • Le refroidissement abiatique et évaporatif : par évaporation de l’eau dans l’air
  • Le refroidissement par immersion : immersion des datacenters dans l’eau, comme l’a récemment testé Microsoft

Islande, Arctique, Finlande… les zones froides du globe sont ainsi de plus en plus convoitées pour la construction de nouveaux datacenters. 


Tu l’auras compris, stocker ou envoyer de la donnée consomme énormément d’énergie : électricité dépendante du pétrole, air et eau pour refroidir… des ressources qui seront de plus en plus sollicitées puisque l’accès à Internet se démocratise et les flux de données sont en constante augmentation.


Comment réduire l’empreinte carbone de ses e-mails ?

De manière globale, nous pouvons tous agir à notre échelle pour limiter notre pollution numérique en conservant nos équipements le plus longtemps possible et en les réparant. Côté email, tu peux :

  • Réduire le poids de tes mails en évitant les pièces jointes ou en compressant tes images
  • Te désabonner des newsletters que tu ne lis pas
  • Supprimer les adresses emails inutiles dont tu ne te sers plus pour éviter le stockage de mails
  • Vider ta boîte mail régulièrement. D’ailleurs, l’outil Cleanfox te permet de faire le tri en quelques clics !
  • Réduire ta liste de destinataires et éviter de mettre 10 personnes en copie.


Et voilà matelot ! Tu as maintenant un aperçu plus clair du fonctionnement des données et de la façon dont un email peut polluer. Évidemment, ce principe fonctionne pour toutes les données : les vidéos Youtube, le streaming sur Netflix… L’émission de CO2 ne se résume donc pas qu’aux transports ou à l’alimentation. C’est un combat que l’on mène sur tous les fronts, ensemble et à notre échelle. 💪

Mascotte JU par Juliette

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